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Concevant « La tour aux enfants » (83-84), l’artiste propose une sculpture habitacle au volume pénétrable. Par l’ascension de cette tour, le visiteur fait l’expérience de l’espace intérieur et modifie ainsi sa perception première de l’œuvre. Il doit conformer son corps à l’espace proposé, au fur et à mesure de sa progression. « La tour aux enfants » concrétise les préoccupations de l’artiste pour les jeux, les articulations entre plein et vide, concave et convexe, ligne droite et courbe, intérieur et extérieur.
Dans ces œuvres monumentales le spectateur est convié à éprouver directement et physiquement la sculpture. Le primat accordé à l’expérience du mouvement guidée par l’approche physique et visuelle est poussé plus loin. Pour être pleinement appréhendée, ressentie, l’œuvre doit être physiquement approchée et pratiquée.
« L’idée était de traiter la sensation d’intériorité. C’est cela qui la rend importante en tant que lieu (…) Juste un lieu qui ne soit qu’un lieu, comme la sculpture n’est qu’elle-même ».
Lors du voyage qu’il effectue en Grèce (1985), l’artiste est bouleversé par les frontons du temple de Zeus. Il réalise à son retour «After Olympia», ensemble sculpté, de plus de 10 mètres de long, conçu comme un écho direct aux hauts reliefs antiques, interprétation majestueuse et libre des grands frontons grecs. Posé à même le sol, l'imposant cortège d'acier se présente comme un espace plastique en mouvement. (*photo possible musée Rodin image faite par F D).
A partir de 1987, Anthony Caro participe à un atelier d’artistes, le « Triangle Artists Workshop » de Pine Plains (New York), il y travaille en collaboration avec l’architecte Frank Gehry pour un projet de village qu’ils nomment Architectural Village project. Situé à mi-chemin entre sculpture et architecture, ce village utopique est imaginé à partir des sculptures monumentales et pénétrables de Caro. La pièce «North of Rome» (1989) s'inscrit dans cette intensification des liens possibles entre sculpture et architecture. Cette sculpture est proche d'une demeure, d'un habitacle, le regard traverse d’imposants fûts d'acier qui soulèvent plus qu'ils ne portent l'ample dôme qui les coiffe.
A partir de 1992, l’artiste est invité à concevoir une installation en plein air sur le site du Studio d’Henry Moore à Dean Clough. Il réalise « Halifax Steps », « Ziggurats » et « Steps »ensembles monumentaux qui portent les réminiscences du site |
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| de Teotihuacan, visité lors d’un voyage au Mexique effectué en 1959. A partir de 1992, l’artiste est invité à concevoir une installation en plein air sur le site du Studio d’Henry Moore à Dean Clough. Il réalise « Halifax Steps », « Ziggurats » et « Steps », ensembles monumentaux qui portent les réminiscences du site de Teotihuacan, visité lors d’un voyage au Mexique effectué en 1959.
A l’occasion de la rétrospective organisée au Musée d’Art Contemporain de Tokyo (1995), l’artiste collabore avec Tadao Ando, architecte chargé de la scénographie Cet engouement pour l’architecture peut à nouveau s’exprimer lors du concours lancé à l’occasion de la conception du projet de pont sur la Tamise « Millennium bridge » situé face à la Tate Modern. L’architecte Norman Foster associé à l’ingénieur Arup invite le sculpteur à rejoindre leur équipe. Leur projet désigné lauréat est inauguré en 2000.
Enfin, à partir de 2000, l’artiste étudie le projet de baptistère commandité pour le chœur de l’église Saint Jean Baptise de Bourbourg. Interviewé par Pep Subiros à l’occasion de sa rétrospective (Barcelone en 2002), l’artiste déclarait :
« Il y a une église gothique, dans le Nord de la France où les hommes se sont battus à plusieurs reprises au cours des siècles. La ville se situe non loin de Gravelines, entre Calais et Dunkerque, à côté de la frontière Belge : c’est à proximité d’Ypres. L’église a été fortement endommagée lors de la dernière guerre, et son chœur est resté ruiné jusqu’à aujourd’hui. Le Ministère de la Culture Français m’a convié à y concevoir une oeuvre, et j’aimerais que ce baptistère soit aussi une chapelle de la mémoire. Le projet comprendra un ensemble de sculptures, des haut-reliefs, des tours….c’est passionnant…. »
L’œuvre de Bourbourg est pensée pour le lieu, elle est une réponse à son architecture : désormais, la qualité spatiale du chœur gothique se donne à voir sous un jour nouveau. En consacrant huit années de sa vie à cette commande, l’artiste livre un ensemble qui fait écho à la qualité spatiale du chœur gothique. « le chœur de lumière » couronne le cheminement d’une œuvre prolixe, animée d’un lent mouvement qui, au fil du temps et des œuvres, a tissé des liens vivaces avec l’ architecture.
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